L'alchimie de la douleur.
Ce poème figure à la fin de la première section nommée : « Spleen et Idéal » du recueil de Charles Baudelaire : Les fleurs du mal . Cest un sonnet en octosyllabes. Les rimes des deux quatrains sont embrassées. Pour la lecture analytique, je propose une étude du poème dans son ensemble. Puis, pour émettre le plus de détails possibles, une étude plus ciblée, cest-à-dire strophe par strophe. Nous verrons tout dabord que tout le long du sonnet, la vie est rapprochée de la mort. Ensuite, que la cause de se rapprochement est énoncée sous la forme dune métaphore, dans le second quatrain. Mais avant nous allons étudier le titre même. LAlchimie de la douleur : Le mot alchimie vient du mot arabe d'origine obscure : الكيمياء, (al-kimia), qui désigne la pierre philosophale. Il est venu en français au XIVe siècle en passant par l'espagnol et le catalan (fin du XIIIe siècle par Raymond Lulle), puis le latin médiéval (alchemia). Les mots alchimie et chimie sont restés synonymes jusqu'au XVIIIe siècle et l'apparition de la chimie moderne. Les alchimistes cherchaient le secret de la fabrication de la pierre philosophale, ou « grand uvre », censée être capable de transmuter les métaux vils en or, ou en argent. Mais derrière des textes hermétiques constitués de symboles cachant leur sens au profane, les alchimistes s'intéressaient plutôt à la transmutation de l'âme, c'est-à-dire à l'éveil spirituel. La tristesse est un de ces éléments dit spirituel cest-à-dire quelle nest pas réelle et que les alchimiste pouvaient chercher à trouver les constituants de cette tristesse afin de la changer en une chose concrète. Et le fait de ne pas y arriver pourrait constituer la cause de cette douleur. A la lecture, nous apercevons un Spleen plus présent que lIdéal par la richesse des synonymes de lobscurité tels que : « deuil » v.2 ; « Sépulture » v.3 ; « triste » v.8 ; « cadavre » v.12 Cependant, une lueur despoir reste avec lévocation de la vie / la lumière : « éclaire » et « ardeur » v.1 ; « nature » v.2 ; « vie et splendeur » v.4 Dans le premier quatrain, étonnement, « nature » v.2 rime avec « Sépulture » v.3, cet oxymore montre à quel point la vie et la mort sont étroitement liées. La répétition de « lun » v.1 et 3 et « lautre » v.2 et 4, insiste sur deux personnes inconnues. Le second quatrain nous fait apparaître la cause de la mélancolie su poête par une apostrophe à Hermès, dieu psychopompe chargé de conduire les âmes en enfer. Lui-même se compare à Midas mais plutôt que de changer lor en fer, il change tout ce quil touche en or. Dans le premier tercet, le « paradis » et l « enfer » sont comparés nous rappelant le thème principal tout en incluant une part de mythologie. Il ramène à la strophe précédente avec les dieux comme Hermès, Anubis Dans la dernière strophe, le « cadavre » est « cher ». Lutilisation de ce mot donne une tournure étrange à la phrase, ce terme sortie du langage courant tout comme « la pelle et les râteaux » de lEnnemi, nous fait réfléchir sur son sens dans le vers.
Il peu signifier quil a une valeur économique, quil est important aux yeux dune personne ou alors si lon prend une autre écriture de ce mot, il peut alors signifier la chair humaine. Enfin dans ce même tercet, lévocation des sarcophages : sarcos signifie « chair, viande » ; phagein sert à compléter le verbe esthein qui signifie « manger, dévorer » ( grec ), nous renvoit à des temps anciens et tout comme les « célestes rivages » nous fait apparaître la mort comme une chose agréable. Ce poème ainsi que « lEnnemi », est représentatif de linspiration baudelairienne. Le Spleen et lIdéal sont tellement mêlés, quà la fin, ces deux valeurs nexistent plus. La vie est présente dans la mort sous la forme despoir tout comme la mort est présente dans la vie sous la forme du pessimisme. Seeyou.
Le Samedi 30 Juin 2007
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