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19 Mai 2012, St Yves
Seeyou
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L'alchimie de la douleur.

Lecture analytique de l’Alchimie de la douleur.

Les fleurs du mal ; Charles Baudelaire .

 

Ce poème figure à la fin de la première section nommée : « Spleen et Idéal » du recueil de Charles Baudelaire : Les fleurs du mal .

C’est un sonnet en octosyllabes.

Les rimes des deux quatrains sont embrassées.

Pour la lecture analytique, je propose une étude du poème dans son ensemble.

Puis, pour émettre le plus de détails possibles, une étude plus ciblée, c’est-à-dire strophe par strophe.

Nous verrons tout d’abord que tout le long du sonnet, la vie est rapprochée de la mort.

Ensuite, que la cause de se rapprochement est énoncée sous la forme d’une métaphore, dans le second quatrain.

Mais avant nous allons étudier le titre même.

Alchimie de la douleur : Le mot alchimie vient du mot arabe d'origine obscure : الكيمياء, (al-kimia), qui désigne la pierre philosophale. Il est venu en français au XIVe siècle en passant par l'espagnol et le catalan (fin du XIIIe siècle par Raymond Lulle), puis le latin médiéval (alchemia). Les mots alchimie et chimie sont restés synonymes jusqu'au XVIIIe siècle et l'apparition de la chimie moderne. Les alchimistes cherchaient le secret de la fabrication de la pierre philosophale, ou « grand œuvre », censée être capable de transmuter les métaux vils en or, ou en argent. Mais derrière des textes hermétiques constitués de symboles cachant leur sens au profane, les alchimistes s'intéressaient plutôt à la transmutation de l'âme, c'est-à-dire à l'éveil spirituel. La tristesse est un de ces éléments dit spirituel c’est-à-dire qu’elle n’est pas réelle et que les alchimiste pouvaient chercher à trouver les constituants de cette tristesse afin de la changer en une chose concrète. Et le fait de ne pas y arriver pourrait constituer la cause de cette douleur.

A la lecture, nous apercevons un Spleen plus présent que l’Idéal par la richesse des synonymes de l’obscurité tels que : « deuil » v.2 ; «  Sépulture » v.3 ; « triste » v.8 ; « cadavre » v.12 …

Cependant, une lueur d’espoir reste avec l’évocation de la vie / la lumière : « éclaire » et « ardeur » v.1 ; « nature » v.2 ; « vie et splendeur » v.4 …

Dans le premier quatrain, étonnement,  « nature » v.2 rime avec « Sépulture » v.3, cet oxymore montre à quel point la vie et la mort sont étroitement liées.

La répétition de « l’un » v.1 et 3 et « l’autre » v.2 et 4, insiste sur deux personnes inconnues.

Le second quatrain nous fait apparaître la cause de la mélancolie su poête par une apostrophe à Hermès, dieu psychopompe chargé de conduire les âmes en enfer.

Lui-même se compare à Midas mais plutôt que de changer l’or en fer, il change tout ce qu’il touche en or.

Dans le premier tercet, le « paradis » et l’ « enfer » sont comparés nous rappelant le thème principal tout en incluant une part de mythologie. Il ramène à la strophe précédente avec les dieux comme Hermès, Anubis …

Dans la dernière strophe, le « cadavre » est « cher ». L’utilisation de ce mot donne une tournure étrange à la phrase, ce terme sortie du langage courant tout comme « la pelle et les râteaux » de l’Ennemi, nous fait réfléchir sur son sens dans le vers.

Il peu signifier qu’il a une valeur économique, qu’il est important aux yeux d’une personne ou alors si l’on prend une autre écriture de ce mot, il peut alors signifier la chair humaine.

Enfin dans ce même tercet, l’évocation des sarcophages : sarcos signifie « chair, viande » ; phagein sert à compléter le verbe esthein qui signifie « manger, dévorer » ( grec ), nous renvoit à des temps anciens et tout comme les « célestes rivages » nous fait apparaître la mort comme une chose agréable.

Ce poème ainsi que « l’Ennemi », est représentatif de l’inspiration baudelairienne.

Le Spleen et l’Idéal sont tellement mêlés, qu’à la fin, ces deux valeurs n’existent plus.

La vie est présente dans la mort sous la forme d’espoir tout comme la mort est présente dans la vie sous la forme du pessimisme.

 

Seeyou.

 

Tags associés : alchimie, douleur

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Le Samedi 30 Juin 2007
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